CategoriesProjets

La voix libre des enfants et des jeunes

Comment faire entendre librement la voix des enfants et des jeunes touchés par l'exploitation économique et la violence sexuelle et leur permettre de devenir des acteurs clés de la protection, dans 28 pays africains.

Une situation d’exploitation économique et sexuelle qui reste en place malgré les intentions des responsables…..

Quel que soit le type de violence subie ou les circonstances dans lesquelles elle s’est produite, la plupart des victimes gardent le secret et ne demandent jamais d’aide.

Des données limitées montrent que, dans certains pays, les garçons sont encore moins susceptibles que les filles de demander de l’aide. Et, comme les filles, la plupart des garçons ne parlent pas de leur expérience de la violence, quel qu’en soit le type, car ils ne la considèrent pas comme un problème. Les victimes sont beaucoup plus susceptibles de chercher de l’aide auprès de personnes qu’elles connaissent personnellement qu’auprès d’institutions telles que les services de police, les centres médicaux, les structures d’aide juridique, les groupes religieux et/ou les services sociaux, même lorsqu’elles savent qu’elles peuvent y trouver de l’aide1.

Quelques chiffres pour rappel

L’exploitation économique reste insuffisamment documentée, la violence et en particulier l’exploitation sexuelle sont très mal documentées : peu ou pas de données statistiques, définitions imprécises, méthodologie non spécifique, indicateurs non codés.

Il est très difficile d’évaluer avec précision l’importance de l’exploitation sexuelle des enfants dans tous les pays et particulièrement dans les pays africains :

Le sujet reste tabou dans de nombreux pays, dans tous les milieux, dans toutes les institutions/organisations : qu’elles soient locales, nationales ou internationales, malgré leurs discours, politiques et procédures.
Non-harmonisation et multiplicité des concepts liés à la violence sexuelle : outrage, attentat à la pudeur, viol, viol avec souillure, viol avec violence, inceste, prostitution, débauche, incitation à la prostitution, incitation à la débauche, homosexualité, abus sexuel, violence sexuelle, harcèlement sexuel, actes contre nature, pédophilie.
L’absence d’études nationales basées sur une méthodologie rigoureuse et des normes codifiées.

Les données officielles recueillies par la police et la justice ne reflètent qu’une partie de la réalité car elles se basent exclusivement sur les cas qui leur sont présentés. Les différences typiques en matière de violence sexuelle et de situations favorables auxquelles sont exposés les enfants et les jeunes sont également :

La violence domestique et les abus sexuels
Les mutilations génitales féminines
Pédopornographie et tourisme sexuel
La traite des enfants et l’exploitation des enfants et des jeunes
Le recrutement d’enfants soldats

L’absence de statistiques fiables sur les actes d’exploitation et d’abus sexuels et les facteurs qui y sont associés constituent des obstacles à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation de réponses efficaces à la violence, les décideurs et les partenaires financiers invoquant souvent cet argument pour ne pas financer les interventions proposées par les acteurs de la réponse. Pour les raisons mentionnées ci-dessus, les politiques visant la prévention, la protection et la réhabilitation des enfants victimes d’abus sexuels sont encore à l’état embryonnaire.

Peu de place est accordée à la parole de l’enfant et du jeune.
Les campagnes de sensibilisation sont rares
La mobilisation du secteur privé dans la lutte contre l’exploitation n’est pas encore bien structurée
Le degré d’harmonisation des législations nationales avec la CNUDE, ainsi que les mécanismes de suivi de la mise en œuvre de la CNUDE, sont variables.
Les codes pénaux des 27 pays punissent toutes les formes d’abus et d’exploitation, mais leur applicabilité reste facultative,
L’accès aux services de police et de justice reste difficile pour les enfants, qui dans certains pays doivent être accompagnés de leurs parents ou tuteurs : cela entrave l’intervention des professionnels de l’enfance et des travailleurs sociaux.
Le contexte socioculturel régional et la stigmatisation des enfants victimes d’exploitation sexuelle, en particulier les filles, entravent gravement leur réinsertion sociale.
L’application du principe d’extraterritorialité, stipulant que la compétence de l’Etat s’étend aux actes criminels, y compris les infractions sexuelles, commis par leurs ressortissants à l’étranger, ne semble pas être appliquée, pour l’instant.

La pauvreté, le chômage, l’insuffisance des services sociaux de base (santé, éducation, logement, etc.), la réduction de la croissance économique, l’exploitation économique des enfants, les conflits armés, sont autant de facteurs qui conduisent à l’exclusion des populations vulnérables, comme les enfants et les jeunes.

Les puissants atouts du MAEJT pour relever les défis de l’exploitation économique et sexuelle avec les enfants et les jeunes.

CategoriesProjets

Projet panafricain de responsabilisation des États (PASAP)

Projet panafricain de responsabilisation des États (PASAP)

L’Afrique a fait des progrès considérables dans la promotion et la protection des droits de l’enfant et de l’égalité des sexes au cours des dernières années. Le continent a mis en place des cadres juridiques et politiques pour renforcer encore l’engagement de l’Afrique à protéger et promouvoir les droits des garçons et des filles. Parmi les principaux instruments africains relatifs aux enfants et aux jeunes figurent la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (ACRWC), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (ACHPR), le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux femmes en Afrique (Protocole de Maputo) et la Charte africaine de la jeunesse (AYC). D’autres instruments et mécanismes relatifs aux droits de l’enfant et à l’égalité des sexes ont également été élaborés et mis en place au niveau des communautés économiques régionales (CER). Beaucoup de pays africains ont ratifié la plupart de ces instruments qui permettent la promotion et la protection des droits et du bien-être des enfants. Cela a conduit à des progrès progressifs dans la réalisation des droits de l’enfant et de l’égalité des sexes sur le continent. Cependant, il existe toujours un écart alarmant entre l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, ce qui a des conséquences sur la réalisation des droits de l’enfant sur le continent. De nombreux États ne parviennent pas à respecter les normes établies par ces traités, ce qui favorise la violence et la discrimination généralisées parmi les enfants, en particulier les filles.

Le projet Pan African State Accountability Project (PASAP) est un projet panafricain multi-partenaires et multi-niveaux qui vise à renforcer les sociétés civiles en Afrique afin qu’elles puissent demander des comptes à leur Etat en matière de promotion et de protection des droits de l’enfant en Afrique. Le projet est globalement coordonné par Plan International African Union Liaison Office (AULO) avec le soutien des deux bureaux régionaux de Middle East, East Africa and Southern Africa (MESSA) et West and Central Africa Hub (WACAH). Actuellement, le projet est dans sa deuxième phase qui a débuté le 1er juillet 2019.

La première année de mise en œuvre de la phase II du PASAP a commencé le 1er juillet 2019 et s’est terminée le 30 juin 2020. La deuxième année de mise en œuvre a commencé le 1er juillet 2020 et se terminera le 30 juin 2021.

La valeur ajoutée du MAEJT est d’assurer la participation des enfants et des jeunes eux-mêmes et de tenir les Etats responsables du respect des droits de l’enfant.

CategoriesProjets

Renforcement des capacités des groupes de base

Renforcement des capacités des groupes de base

Le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT) est engagé dans un projet de renforcement des capacités des OSC 2017-2021 avec Save The Children sur le financement suédois du SIDA depuis. Le MAEJT s’étend désormais dans les villes, villages, bidonvilles et périphéries des pays africains. L’identification et l’accompagnement des groupes de base ou groupes d’enfants travailleurs (GET) sont le moteur de cette croissance. Chaque année, le nombre de nouveaux groupes de base augmente, mais aussi le nombre d’enfants et de jeunes travailleurs (EJT).

Cette croissance s’explique par le rôle important du mouvement dans la formation et le renforcement des capacités des EJT à la base. Aussi parce que le fondement du mouvement est la participation citoyenne des enfants, surtout ceux qui sont marginalisés dans leurs communautés et par les initiatives publiques des systèmes étatiques.

Pour garantir la pérennité de cette croissance, les bases ont continuellement besoin d’un renforcement périodique et de qualité à tous les niveaux de la structure du MAEJT. Pour ce faire, le MAEJT dispose, en son sein et avec son partenaire (Enda), de l’expertise nécessaire pour répondre précisément et efficacement aux besoins réels des membres des CE et des Coordinations Nationales (CN).

Le renforcement des capacités des groupes de base et des Coordinations Nationales (CN) doit permettre de dynamiser les actions à la base, mais aussi de collecter les résultats des exercices de terrain de l’année en cours. La VAT (Visite d’Appui Technique) aux CN est une occasion de réunir les EJT représentatifs des AEJT d’un pays. C’est une occasion de faire le point sur les activités menées sur les résultats des activités, de constater les avancées sur les droits durant cette période, mais aussi de partager les expériences d’identification, de protection, d’écoute et de prise en charge des groupes d’enfants accompagnés. Il permet de tirer les leçons des actions de collaboration, de partenariat et de plaidoyer des CN. Il permet également de faire le point sur la mobilisation des ressources et leur gestion.

CategoriesProjets

Renforcement des capacités des OSC et des réseaux de jeunes du Sahel

Renforcement des capacités des OSC et des réseaux de jeunes du Sahel

Le Programme de renforcement des capacités des organisations de la société civile et des réseaux de jeunes au Sahel pour protéger les enfants en mouvement et mettre fin au mariage des enfants (PROS/ME).

Ce programme est dirigé par Save the Children International et financé par l’agence donatrice DANIDA. Il est mis en œuvre dans 6 pays sahéliens : Burkina, Mali, Sénégal, Niger, Tchad et Mauritanie. Avec différents partenaires dans la mise en œuvre. le MAEJT qui mène les activités de ce programme sur le thème Mobilité des enfants dans 12saines de localités au Mali et au Burkina Faso depuis son démarrage en 2017 jusqu’en 2021.

L’action du MAEJT consiste à renforcer les capacités de communication pour influencer les institutions décisionnelles au niveau régional, renforcer les groupes d’enfants avec des activités de protection sur le terrain. Mener des recherches sur la thématique, accompagner l’identification de solutions innovantes et leur mise en œuvre avec l’appui technique d’Enda jeunes action qui détient les secrets méthodologiques et pédagogiques de l’accompagnement des groupes d’enfants.

CategoriesProjets

Lancement du film d’animation « Tounga : ça doit changer ! »

Lancement du film d'animation "Tounga : ça doit changer !"

MAEJT : lancement du film d’animation « Tounga : il faut que ça change ! ». « 

Le lancement du film d’animation « Tounga : ça doit changer ! » du MAEJT a eu lieu le 24 novembre 2021. Le film traduit le cadre stratégique de la CEDEAO sur la protection de l’enfance en une version adaptée aux enfants. Le lancement s’est inscrit dans le cadre de la journée internationale des droits de l’enfant qui s’est déroulée à Dakar, et plus précisément au Centre de Développement du Genre de la CEDEAO. Il a été marqué par la participation présentielle de certaines organisations membres du GRPE dont SOS villages d’enfants, Plan International, Enda TM et la participation virtuelle des 28 pays membres du MAEJT, représentés principalement par des enfants. Tous ont fortement apprécié le film qui servira d’outil de sensibilisation et de plaidoyer pour le respect des droits de l’enfant. Produit par le MAEJT avec l’appui d’Enda Jeunesse Action, et le soutien financier de Save the Children, l’outil de communication est l’un des résultats du plan conjoint Groupe Régional de Protection (GRPE) – CEDEAO. Le film, le 4ème du genre dans la série « Tounga », expose les problèmes auxquels sont confrontés les enfants : mariages d’enfants, travail des enfants, acte de naissance, mobilité des enfants, abus et violence, exploitation, etc. Il s’agit également d’un appel à l’action pour les autorités étatiques et les acteurs de la protection afin de construire un monde meilleur pour les enfants.

Ci-dessous le lien du film sur YouTube

Français : https://youtu.be/HkrULE4iCEg


Anglais : https://youtu.be/d4AyZ7mS5hs

CategoriesPublications

Les enfants trouvent leurs propres solutions pour changer leur vie

Les enfants trouvent leurs propres solutions pour changer leur vie

L'automne dernier, Aimé Bada et James Boyon, respectivement chargé de formation à Enda Tiers Monde et chargé de la protection de l'enfance au MAEJT, ont accordé une interview à Child to Child pour parler du Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT). Le MAEJT est une organisation dirigée par des enfants et des jeunes travailleurs qui leur donne l'opportunité de trouver des solutions à leurs problèmes et de changer leur vie. Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

En 1994, un groupe d’enfants et de jeunes de quatre pays africains a décidé de créer le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT) en Côte d’Ivoire. Le MAEJT part du principe que des enfants issus de milieux et de pays différents partagent souvent les mêmes objectifs et perspectives de vie. L’organisation s’est rapidement développée et est aujourd’hui présente dans 27 pays d’Afrique. Elle n’a pas pour autant perdu son orientation et son mode de fonctionnement axés sur les enfants, qui représentent 73 % de ses membres.

Grâce au MAEJT, les enfants se réunissent pour discuter des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs communautés et réfléchir aux solutions possibles. Reconnus comme experts de leur réalité, les enfants et les jeunes sont ceux qui trouvent les solutions, qui conseillent et guident les autres enfants.

Il n’est pas rare que les mineurs de la région se déplacent sans être accompagnés. Ils peuvent être envoyés chez des membres de leur famille pour étudier, par exemple, ou trouver un emploi loin de chez eux pour apporter un revenu supplémentaire à leur foyer. Dans le pire des cas, ils fuient les guerres, les abus ou la violence chez eux, y compris les mariages précoces. Mais les jeunes ont aussi d’autres raisons de partir, qui peuvent être des aspirations pour l’avenir et le désir de découvrir le monde.

D’où est venue l’idée de créer cette organisation ?

Au début, ce sont les enfants eux-mêmes qui ont créé le groupe – nous parlons d’enfants travailleurs, qu’ils soient domestiques, mécaniciens, cireurs de chaussures, enfants dans des ateliers de maçonnerie, ou ceux qui aidaient à travailler à la maison. Ils ont examiné leur situation et ont décidé de prendre en main leur destin. En identifiant leurs droits, ils ont pu les exercer réellement et réfléchir à la manière d’améliorer leurs conditions de vie.

Puis l’organisation a grandi, et les enfants d’origine ont grandi ! Ils sont maintenant capables d’aider d’autres enfants qui rejoignent l’organisation et de leur donner des conseils.

Quel est le niveau de participation des enfants dans l’organisation ?

Ce sont les enfants eux-mêmes qui dirigent les activités. L’organisation n’est là que pour les soutenir, pour leur donner des conseils et un appui technique afin qu’ils puissent mettre en œuvre avec succès leurs solutions, celles qui leur conviennent dans leur vie professionnelle.

En fait, les enfants se sont appropriés les espaces que les adultes leur offraient, pour défendre leurs droits. Ils se sont littéralement appropriés le projet ! Ainsi, le conseil d’administration est composé de sept membres, cinq enfants et deux jeunes, qui sont assistés par un animateur.

Les adultes ont-ils rencontré des difficultés à travailler de cette manière participative avec les enfants ?

Non, ce n’est pas difficile pour les adultes. Notre approche consiste à soutenir ce qui est fait, afin que les enfants puissent faire les choses par eux-mêmes.

Cependant, il a été difficile pour les gouvernements de reconnaître les enfants travailleurs et les organisations qui les représentent, en raison des stipulations des conventions internationales et de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui interdisent le travail des enfants en toutes circonstances. Dans certains cas, les organisations ont dû faire un gros travail de plaidoyer à ce sujet, et les enfants ont dû expliquer clairement leur approche avant d’être acceptés.

Pouvez-vous nous donner des exemples de projets mis en œuvre par des enfants ?

En fonction de leurs besoins, les enfants travaillent sur les 12 droits qui encadrent le travail de l’organisation, les droits à : lire et écrire, s’exprimer, apprendre un métier, jouer et se divertir, bénéficier de soins de santé, être écouté, se reposer quand on est malade, travailler en sécurité, être respecté et avoir de la dignité, rester dans le village, avoir un travail léger et limité, et à une justice équitable. Par exemple, elles ont récemment mené des activités de sensibilisation et de plaidoyer contre l’exploitation et le mariage des enfants.

Désormais, les organisations organisent également des activités de formation et s’engagent dans une série d’actions de sensibilisation et de communication. L’une des approches favorites consiste à produire des dessins animés sur une série de questions, par exemple la migration et la mobilité des enfants, sur la manière de prendre en compte les risques et les dangers, et sur le mariage des enfants. Ces trois dessins animés ont été diffusés à la télévision dans certains pays.

Souvent, le point central des activités est le droit d’apprendre à lire et à écrire. Pour des raisons socio-économiques, les enfants avec lesquels nous travaillons doivent travailler pour survivre, ce qui signifie qu’ils n’ont pas accès à l’éducation puisque l’école est généralement ouverte lorsque les enfants sont au travail. Les enfants doivent donc choisir : soit ils vont à l’école où ils ne comprendront pas grand-chose parce qu’ils ne sont pas en mesure de la fréquenter régulièrement, soit ils travaillent pour mettre de la nourriture sur la table et avoir un avenir. Mais les enfants savent qu’il est important d’écrire, de lire et de compter. Ils ont donc noué des liens avec des écoles qui leur offrent des salles le soir, où ils aménagent des « espaces d’alphabétisation », souvent avec un moniteur pour soutenir leur apprentissage. Cela signifie que les enfants travailleurs domestiques, par exemple, peuvent fréquenter ces écoles le soir, où ils peuvent apprendre à lire et à écrire et aussi rencontrer d’autres enfants du même âge.

CategoriesPublications

Amis dans le besoin : le réseau de soutien aux enfants qui aide les migrants en Afrique de l’Ouest

Amis dans le besoin : le réseau de soutien aux enfants qui aide les migrants en Afrique de l'Ouest

Un groupe de bénévoles aide les enfants migrants en Afrique de l'Ouest en les traitant comme des amis et non comme des inférieurs.

Dans toute l’Afrique occidentale et centrale, des groupes d’adolescents ont créé un réseau pour soutenir les jeunes migrants voyageant seuls. Les traitant comme des amis, ils leur offrent des conseils, un abri et des possibilités de formation.

Il n’est pas rare que les mineurs de la région se déplacent sans être accompagnés. Ils peuvent être envoyés chez des membres de leur famille pour étudier, par exemple, ou trouver un emploi loin de chez eux pour apporter un revenu supplémentaire à leur foyer. Dans le pire des cas, ils fuient les guerres, les abus ou la violence chez eux, y compris les mariages précoces. Mais les jeunes ont aussi d’autres raisons de partir, qui peuvent être des aspirations pour l’avenir et le désir de découvrir le monde.

La décision de quitter le pays est généralement prise entre 14 et 18 ans. Les trajets en bus, les longues marches et les trajets en moto sont considérés comme faisant partie de l’aventure, avant de réaliser que le voyage s’accompagne d’isolement, de lutte pour la nourriture, d’absence d’endroit pour dormir et d’exposition à l’exploitation.

Mariko Fatoumata, une jeune malienne de 16 ans, a rencontré de nombreux enfants en déplacement dans le marché animé qui fait face au restaurant de sa mère dans la banlieue de Bamako. Elle fait partie des plus de 30 jeunes volontaires du programme de migration des enfants de l’organisation de base Mouvement africain des enfants et des jeunes travailleurs (MAEJT) qui se réunissent au restaurant chaque semaine.

« C’est un bon endroit pour garder un œil sur les enfants qui passent », dit-elle. « S’ils semblent avoir besoin d’aide, nous les approchons. Parfois, nous offrons des repas à ceux qui ne peuvent pas acheter de nourriture. Chacun d’entre nous s’est engagé à parrainer un enfant migrant, en le ramenant chez lui pour dormir et en marchant avec lui dans la ville le lendemain. »

Dans toute la région, le mouvement a créé des centres d’écoute, où les enfants peuvent se rendre pour parler et recevoir des conseils.

Dans toute la région, le mouvement a créé des centres d’écoute, où les enfants peuvent se rendre pour parler et recevoir des conseils. Le bouche à oreille permet de diffuser des informations sur le groupe, tout comme Facebook, les émissions de radio, les dessins animés, les dépliants et les bulletins d’information. Des bénévoles organisent également des séances de sensibilisation dans les villages d’où les adolescents sont susceptibles de partir.

D’autres initiatives sont plus formelles. Commencée au Bénin et couvrant aujourd’hui 10 pays, l’association a mis en place des réseaux de téléphonie mobile pour garder le contact avec les jeunes migrants depuis le village de départ jusqu’à la destination. Au Niger, la carte de membre du mouvement est reconnue par la police comme une pièce d’identité. C’est utile dans les régions où les enfants sans papiers sont des proies faciles pour les trafiquants.

Un autre volet du travail consiste en une formation professionnelle pour aider les enfants à apprendre un métier ou à créer une petite entreprise. « Une fois, la police nous a appelés pour aider un enfant qui avait eu des problèmes », raconte Fatoumata. « Il était porteur à la gare et s’était battu avec un autre enfant pour savoir qui devait porter un sac. Il avait quitté son village, mais il voulait vraiment être son propre patron. Nous l’avons donc aidé à acheter des poulets qu’il pouvait élever chez lui. Plus tard, il a créé un groupe du MAEJT dans sa propre communauté ».

La plupart des jeunes volontaires qui assument des rôles de direction dans l’organisation ont une expérience directe en tant que bénéficiaires du service. James Suru Boyon, au Nigeria, a rejoint l’association il y a 10 ans, à l’âge de 16 ans. Son père était mort quelques années plus tôt et il voulait étudier et aider sa mère. Comme beaucoup d’autres, il envisageait de quitter la maison pour trouver un emploi en ville, mais un ami lui a fait connaître le mouvement. Avec leur aide, il est resté à la maison, a obtenu un revenu en vendant du matériel de couture et a étudié l’ingénierie. Ensemble, ils ont également créé un groupe pour aider d’autres enfants du village. C’est ainsi que le mouvement continue de se développer.

Financée par les cotisations des membres et les contributions des agences des Nations unies et des organismes humanitaires, l’organisation compte désormais plus de 830 000 sympathisants dans 27 pays. Plus de 270 000 sont des membres actifs, 73 % ont moins de 18 ans et 57 % sont des filles. Selon elles, il serait difficile de parcourir 200 km en Afrique de l’Ouest sans rencontrer quelqu’un de l’association.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en 2009, environ 8,4 millions de personnes étaient mobiles en Afrique occidentale et centrale, ce qui représente « le plus grand stock total de migrants en Afrique ». La plupart restent dans la région. « Les migrations sous-régionales ont toujours eu lieu et constituent un élément fondamental de l’économie locale », explique Michele Bombassei, spécialiste de l’aide aux migrants à l’OIM. Cette mobilité concerne « des centaines de milliers d’enfants », mais les agences internationales peinent à collecter des chiffres, car il n’existe aucun mécanisme de suivi des mouvements informels.

Les organisations humanitaires ont constaté qu’empêcher les enfants de migrer, ou les renvoyer chez eux une fois qu’ils l’ont fait, n’est pas efficace. « Si je m’échappe d’une situation difficile et que vous me ramenez sans solution, il est évident que j’essaierai de m’échapper à nouveau », dit Boyon.