Structure

«Je ne savais pas qu’un groupe de personnes peut travailler  ensemble et je suis plus éveillé qu’avant». Fille du Burkina Faso

«Parce qu’avec l’AEJT, je sais la vie associative, je sais la couture et le crochet et plein d’autres choses». Fille du Sénégal

«Je m’exprime, je participe aux décisions avec mes amis (groupe, association) en préparant l’avenir et en mettant en commun nos idées pour que notre association soit améliorée». Garçon du Burundi

«Aujourd’hui, je cause avec les autres, je joue, je vais voir le match au stade, je vais au Cinéma. Avant je n’avais pas d’argent pour payer». Garçon du Rwanda 

A- Instances locales et nationales du MAEJT

Elles se composent de Groupes de Base, d’Associations d’Enfants et Jeunes Travailleurs (EJT) et de Coordinations Nationales d’Associations d’Enfants et Jeunes Travailleurs (AEJT).

Groupes de base

Ils sont formés par des Enfants et Jeunes Travailleurs qui acceptent de se regrouper pour trouver des solutions à leurs problèmes. Ils peuvent être créés sur le lieu de travail, de repos, de regroupement, par localité d’origine ou par catégories d’activité.

Souvent, les groupes de base existent déjà avant l’arrivée de l’AEJT. Les solidarités qui y sont tissées sont anciennes et ne dépendent pas de l’adhésion à l’association. Les AEJT et globalement le MAEJT, renforcent leur organisation, leur donnent des perspectives plus larges et créent un lien et une solidarité avec d’autres groupes dans la même ville, dans le pays et au-delà des frontières, créant ainsi un capital relationnel inestimable.

3.481 groupes constituent la base du MAEJT (statistiques de fin 2013). Les groupes de base sont créés pour faire face aux problèmes auxquels leurs membres se mesurent et pour les résoudre. Ils mettent en place des activités, choisissent les droits prioritaires et les concrétisent.
Par exemple, le groupe de base de Hamdallaye à Sikasso, Mali, tient des réunions pour mieux s’organiser et mettre en place des cours d’alphabétisation comme le veulent les membres. D’où un programme de sensibilisation, des contacts avec les centres pour trouver le local d’alphabétisation, la recherche de moniteurs, une discussion pour choisir les horaires avec les membres, etc.

A Bissau, en Guinée Bissau, les groupes de base, en dehors des réunions internes pour régler les problèmes des membres et mener des activités qui consolident leur unité, mènent ensemble des actions de sensibilisation auprès des parents et des autorités locales sur l’éducation de base et les 12 droits. Pour avoir plus d’échanges entre eux, ils organisent des rencontres sportives inter quartiers.

  1. Groupes de base créés sur les lieux d’habitation ou de regroupement

Les enfants d’un même quartier se constituent souvent en groupe de base. Certains sont en apprentissage ou en formation professionnelle, d’autres exercent des petits métiers pour subvenir à leurs besoins et aider leurs familles, … Cependant, tous ont grandi ensemble et se retrouvent naturellement ; s’ils décident de créer un groupe de base, ils le font tous ensemble.

Les filles d’un même village ou même groupe de villages, venues en ville le plus souvent pour effectuer des travaux domestiques ont des lieux de regroupement et d’habitation. Même si elles n’y vivent pas durant la semaine, elles s’y retrouvent le dimanche chaque semaine ou au moins une fois par mois. Elles y discutent des problèmes du village, mais aussi en cas d’adhésion à l’AEJT, des initiatives à prendre en ville (Par exemple, la création d’un lieu d’écoute, de formation et de loisir, etc.).

  1. Groupes de base créés sur le lieu de travail ou par catégorie de métier

Suite aux problèmes rencontrés, les porteurs au marché se solidarisent pour trouver des solutions. Ils créent un groupe au marché même. Leur groupe s’appelle le groupe de base des porteurs.

Les enfants «recycleurs» font le tour des poubelles pour ramasser les objets qui les intéressent. Ils le font souvent par petits groupes de 2 à 3. Ils arrivent à connaître d’autres enfants qui mènent la même activité chez les intermédiaires qui rachètent leurs marchandises. Une fois l’opération terminée, une partie de l’argent sert à acheter le repas de midi. Après, ils se reposent pour attendre le lendemain, souvent dans les terrains vagues. Et là, des fois, il se créé un groupe solidaire.

Il arrive également que les regroupements se fassent par catégorie : tous les mécaniciens d’une ville, tous les menuisiers, les apprenties coiffeuses, les filles domestiques,…

Associations

Une Association d’Enfants et Jeunes Travailleurs (AEJT), se crée à partir de l’émergence d’une solidarité entre différents groupes de base. On dit alors que les groupes de base sont fédérés par l’AEJT qu’ils constituent ensemble.

Plusieurs groupes de base convoquent une Assemblée générale, créent un Bureau et répartissent les tâches entre les membres (commissions, comités, groupes de travail, etc.). Une nouvelle association est née. Elle va étendre le travail des groupes de base et se donner de nouvelles tâches notamment le lobbying vis-à-vis des autorités et les sensibilisations de la population. Elle «anime» la ville par des émissions radio, des conférences avec le public, des tournois de «maracana» et des travaux d’intérêt public comme le nettoyage des hôpitaux, par exemple. Elle maintient le contact avec les autres structures d’enfance ou consacrées à l’enfance localement.

340 associations constituent le ciment du MAEJT (statistiques de fin 2013)

Coordinations Nationales

Il s’agit d’un cadre dans lequel, les AEJT d’un même pays échangent leurs expériences, élaborent un programme de plaidoyer, de lobbying, de communication et de renforcement des capacités des membres, par rapport aux Droits des Enfants.

La reconnaissance des associations au niveau national passe aussi par la capacité de la coordination à participer à l’élaboration de politiques sur le travail des enfants et de lutte contre la pauvreté.

Aujourd’hui, ces coordinations se généralisent dans tous les pays où il y a plus de deux associations : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, le Togo, Tchad, Zimbabwe.

Les coordinations nationales sont appelées à jouer un rôle très important dans le dispositif du MAEJT. Elles mobilisent en moyenne près de 81 % des fonds en effectif et en nature utilisés par les AEJT et coordinations au niveau national. Le reste étant fourni par le MAEJT et ses programmes.

Leur organisation se doit donc d’être aussi formelle, reconnue et doit pouvoir aussi obtenir  des fonds disponibles au niveau national (notamment dans les programmes de lutte contre la pauvreté). Cette formalisation ne doit pas se faire au détriment du caractère de Mouvement, ni se faire au détriment des couches les plus jeunes majoritaires au sein du MAEJT. C’est un équilibre difficile à maintenir : l’expérience le professionnalisme et le renouvellement constant des générations.

B- Instances régionales du MAEJT

Elles se composent d’une Assemblée Générale, d’une Commission Africaine et de groupes de travail thématiques

• Assemblée Générale : elle a lieu tous les trois ans et regroupe les représentants des associations de chaque pays. C’est l’Assemblée Générale du MAEJT. Le nombre de représentants varie selon le nombre d’AEJT membres de la coordination de chaque pays. La délégation se compose comme suit : enfants (des filles et des garçons en nombre égal), un jeune (fille ou garçon) et un accompagnateur (trice). Elle fait le bilan des actions des EJT durant les 3 dernières années et décide des grandes orientations pour les prochaines années.

• La Commission Africaine du MAEJT (COMAF) : elle regroupe l’ensemble des délégués nationaux élus des pays membres (un par pays). Elle se réunit une fois par an et joue le rôle de «coordination» du Mouvement.

Lors de sa rencontre ordinaire, elle :
• analyse les rapports d’activités, les plans d’action, le bilan de l’appui financier, de l’appui ordinateur et dégage les tendances pour l’année en cours.
• élabore le projet de la prochaine rencontre africaine du Mouvement
• examine les demandes d’adhésion des nouvelles AEJT et prend des décisions d’admission
• répond aux invitations des organisations régionales, internationales et mondiales pour discuter des questions concernant les EJT, parce que les délégués sont les porte-parole du MAEJT
• décide du montant de l’appui financier pour l’année en cours et des appuis ordinateurs

• Groupe Exécutif Managérial : choisi au sein de la Commission Africaine et compte 6 membres. Il se réunit trois fois par an, élabore le programme d’activité et financier avec l’appui d’Enda jeunesse action. Il maintient un contact régulier avec les partenaires financiers, fait le point de la situation des dépenses par objectif et donne des consignes. En début du quatrième trimestre, un groupe exécutif managérial élargi à une dizaine de membres, vérifie l’état d’avancement des programmes du MAEJT.

• Le Groupe «communication» : élabore le programme communication du Mouvement, fait son suivi et l’adapte (technologies de l’information, développement des bandes dessinées) et s’occupe de la rédaction du bulletin « Défi des EJT»

• Le Groupe «Appui Technique» : composé en partie d’aînés qui aident les enfants à se renforcer par la formation et à progresser en partageant leur expérience.

Depuis 2007, pour bien mener les Visites d’Appui Technique et co-faciliter les formations et face à la grande demande, 4 groupes sous régionaux ont été formés :
Groupe 1: Gambie, Guinée Bissau, Mauritanie et Sénégal,
Groupe 2 : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Liberia, Mali et Sierra Leone,
Groupe 3 : Bénin, Cameroun, Centre Afrique, Ghana, Niger, Nigéria, Tchad et Togo
Groupe 4 : Burundi, Ethiopie, Kenya, Madagascar, Ouganda, République Démocratique du Congo, Rwanda, Tanzanie et Zimbabwe

• Le Groupe «mobilité» : fait le point des actions sur la mobilité des enfants avec les partenaires impliqués dans ce programme. Mène des recherches et développe des outils pertinents à l’accompagnement protecteur des enfants en mobilité (dépliants, textes, dessins animés)