Les
12 droits
et leur promotion
En 1994, les fondatrices et les fondateurs du MAEJT
ont identifié 12 droits prioritaires pour lutter
contre l'exploitation et les mauvaises conditions
du travail des enfants et ont formulé un programme
de promotion de ces droits
*Droit
à une formation pour apprendre un métier
*Droit à rester au village (à ne pas
"s'exoder")
*Droit à exercer nos activités en toute
sécurité
*Droit à un travail léger et limité
*Droit à des repos maladie
*Droit à être respecté
*Droit à être écouté
*Droit à s'amuser, à jouer
*Droit à des soins de santé
*Droit à s'exprimer et à s'organiser
*Droit à apprendre à lire et à
écrire
*Droit à un recours et à une justice
équitable, en cas de problèmes.
Leur
promotion
Les douze
droits constituent la référence commune
pour les EJT de 41 villes d'Afrique. Ils sont parfaitement
compatibles avec les droits de l'enfant définis
dans la Convention des Droits de l'Enfant (CDE) et
dans la Charte Africaine des Droits de l'Homme et
du Bien Etre de l'Enfant. La promotion de ces droits
se traduit par les actions " d'information "
et celles de "concrétisation".
L'information
sur les droits vise les EJT eux mêmes,
pour leur faire connaître et les inviter à
les défendre et les promouvoir à leur
tour. Elle vise également le public par des
contacts directs, ou par l'intermédiaire des
médias.
Informer
c'est parfois aussi réaliser :
Lorsque
les EJT mènent des actions d'information dans
un lieu, il arrive que les impacts soient immédiats.
Les modes d'information sont multiples :
•
soirées dans les quartiers
• thés, débats
• porte à porte
• organisation de sketches, ou de spectacles
folkloriques, ou de matches de football
• confection de bulletins, de journaux muraux
ou de tee-shirts
• intervention dans des émissions radios
ou TV, etc.
Par
exemple, bien des patronnes de fillettes domestiques
autrefois réticentes à laisser leurs employées quitter
la maison en fin de journée, ont compris que le "droit
à apprendre à lire et à écrire, et le droit à une
formation" ne peut se réaliser entre les
quatre murs de leur travail. Elles ont accepté de
les laisser participer à des activités formatives,
et même d'écourter leurs heures de travail du soir
pour les libérer à temps.
La
concrétisation
(ou réalisation) des droits, se fait à travers des
actions de développement. Les EJT d'un même groupe
ou d'une même association choisissent un droit à réaliser
en priorité, et cherchent les voies et moyens de le
faire.
En
matière d'éducation,
l'action consiste à la mise sur pied de cours d'alphabétisation.
Les EJT doivent alors déterminer les horaires et le
lieu, rechercher le moniteur, chercher les ressources
pour le rémunérer, etc.
En
matière de santé,
les EJT créent de petites caisses de santé en leur
sein, de façon à prêter de l'argent à ceux qui tombent
malade. Ils négocient avec des structures médicales
existantes des conditions d'accès préférentielles.
Ils organisent aussi des séances de prévention médicale
par des causeries, voire des séances de vaccination.
Nous
avons plusieurs exemples de concrétisation des droits
par des actions de développement, menées de manière
autonome ou avec l'aide d’animateurs de structures
de soutien, voire avec l'appui de structures internationales
et de l'Etat. La concrétisation des droits c'est "l'approche
droit" mise en pratique par les concernés. Ainsi,
le développement des AEJT, contribue au développement
des droits des enfants et au développement tout court.
Dans
les dernières années, les droits ont continué à progresser
et des initiatives sont menées envers des droits qui
n'avaient pas assez progressé comme le «droit à une
sécurité».
Pour
faire progresser ces droits, les AEJT ont mené les
activités suivantes :
• sensibilisation des populations
et autorités, des débats et émissions radio, TV ;
• Cotisations pour la mise en
place de caisses de santé, boîtes à pharmacie, négociations
avec les autorités sanitaires pour la réduction ou
la gratuité des soins de santé ou de la consultation
;
• Ouverture de classes d'alphabétisation,
dons en matériel scolaire aux enfants, construction
de centres
• Visites aux groupes de base,
organisation de journées de réflexion, confection
de cartes de membre ;
• Actions de mobilisation et
de commémoration des journées (1er mai,
12 juin, 16 juin, 23 décembre, …) afin de faire du
plaidoyer.
Dans
l’ensemble, les 12 droits ont progressé avec de timides
progressions pour le "droit à une justice équitable
en cas de problème", le "droit à la santé"
dans quelques pays et le "droit à la sécurité"
en Côte d'Ivoire.
Depuis
plusieurs années, les activités de concrétisation
des 12 droits se déclinent autour de l'accès à l'éducation,
aux soins de santé, à la formation et à des activités
de plaidoyer pour lutter contre l'exode et la traite
des enfants.
Dès
lors, les AEJT travaillent à des niveaux comme :
• Réinsertions scolaires des
tout petits
• Négociation avec les centres
de santé pour avoir accès gratuit aux soins de santés
élémentaires
• Organisation de caravanes sur
la traite et l'exode des enfants
• Renforcement des boites à pharmacie
• Formation professionnelle des
membres
• Organisation de séances de
sensibilisation sur la traite et l'exode des enfants
• Sensibilisation sur les 12
Droits du MAEJT et du VIH/SIDA
• Création de points d'écoute
pour les enfants victimes de trafic et les enfants
en situation difficile. Sensibilisation sur la scolarisation
des enfants et l'exploitation des enfants apprentis
• Célébration des fêtes du 1er
Mai, 16 juin, 20 novembre et 23 décembre
• Réalisation d’émissions radio
et télévisés
• Organisation de portes ouvertes
sur les 12 Droits, la traite des enfants avec les
autorités et ONG
• Evaluation des cours d'alphabétisation
(augmenter les centres d'alphabétisation et les renforcer)
• Equipement et ouverture d'écoles
maternelles pour enfants de 2 à 6 ans
• Placement et suivi d’EJT dans
les ateliers de formation
• Organisation de débats avec
les autorités, les institutions internationales et
ONG sur la traite des enfants et projection de film
et sensibilisation
• Organisation de journées de
débats sur l'enfance
• Sensibilisation sur le travail
léger des enfants à travers des affiches murales
• Campagne nationale sur l'enregistrement
à la naissance
• Rencontre périodique avec les
chefs d'ateliers
• Organisation de campagnes de
salubrité dans les quartiers
• Organisation d’activités sportives
et culturelles.
• Formation sur la protection
contre les accidents de travail
• Plaidoyer auprès des autorités
livre
voix des enfants d'Afrique - Jeuda 104